Rapport « Eco-Innover avec les parties prenantes » – APESA (juillet 2013)

Introduction :

Un monde qui change

Changement climatique, raréfaction des ressources naturelles (dont l’eau et les ressources énergétiques fossiles, mais aussi les métaux) et atteintes à la biodiversité sont les grands enjeux qui sont déjà et seront de plus en plus les « drivers » de l’économie de demain. Ces enjeux , combinés à un modèle économique tourné principalement vers le profit immédiat, conduisent à des situations nouvelles pour tous les acteurs économiques : Dépendance énergétique, Déficit en eau, Pollutions conduisant à l’improductivité des terres, Risques pour la santé, Crises alimentaires, Crises financières mal maîtrisées pouvant entraîner des crises sociales ou des conflits ethniques, manque de prise en compte des évolutions sociétales : demandes de justice, d’équité, de liberté, montée en puissance de la société civile et des ONG.

Sous l’influence de ces facteurs, de ces contraintes, de ces menaces, la société change et l’environnement socio économique des entreprises évolue. Très vite. Et ces évolutions sont pour l’entreprise de vrais défis … parfois de vrai casse-têtes… mais aussi de vraies opportunités.

Quelle sera la société future ? Personne ne le sait précisément. Seule certitude peut être, la nécessité d’aller vers des modes de consommation et de production moins consommateurs de ressources et d’énergie, plus respectueux de l’environnement, plus responsables, plus solidaires. En résumé la nécessité pour toutes les entreprises d’Eco innover.

Travaillant depuis plusieurs années sur le sujet de l’Eco-innovation, l’équipe de l’APESA en est arrivée au constat que cette forme d’innovation ne pouvait se faire sans que l’entreprise ne travaille étroitement avec ses parties prenantes. Et que les parties prenantes à impliquer dans l’éco innovation vont bien au-delà des parties prenantes « traditionnelles « de l’entreprise : actionnaires, clients, personnel et fournisseurs.

Ce document a pour objet de présenter une approche globale de ce qu’est l’Eco innovation avec les parties prenantes, présentant de manière la plus simple possible les concepts sous jacents et en illustrant chaque fois que cela est possible par des exemples concrets.

Conclusion :

A travers la description du processus d’éco innovation, nous avons voulu illustrer la nécessité d’agir dès les phases amont, dans un esprit de collaboration pour espérer un futur souhaitable.
Pour conclure, nous reprendrons la suggestion d’Owen et al. (2012). Celui ci indique que, « pour innover de façon responsable dans un monde complexe et rempli d’incertitudes, il faut un engagement continu, qui doit être :

– Anticipatoireen décrivant et en analysant ces impacts anticipés ou potentiellement anticipés qui peuvent émerger, qu’ils soient économiques, sociaux, environnementaux ou autres. En s’appuyant sur des méthodologies qui incluent la prospective, le suivi technologique ou la méthode des scénarios, on ne sert pas seulement la production de récits d’attentes mais on explore également d’autres chemins possibles vers d’autres impacts, susceptibles d’amener les scientifiques et les innovateurs à la question du « et si… ? » et « quoi d’autre peut être envisagé ? ». Tempérées par le besoin de réalisme, de telles méthodes n’ont pas pour objectif de faire des prévisions, mais elles servent d’utile point d’entrée pour réfléchir sur les buts, les promesses et les possibles impacts de l’innovation.

– Réflexifréfléchir sur les aspects souterrains, les buts, les motivations et les impacts possibles à partir de ce que l’on sait (en incluant les aspects de régulation, les aspects éthiques et les modes de gouvernance pouvant exister), mais aussi en partant de ce qui n’est pas connu, des incertitudes, des champs mal connus, des hypothèses posées, des questions formulées et des dilemmes.

– Délibératif en favorisant l’incorporation et l’expression des visions, des intentions, des questions et des dilemmes dans une délibération à large échelle au travers de processus de dialogue, de débat et d’engagement, en invitant et en écoutant des publics et des parties prenantes diverses, on doit pouvoir ouvrir les perspectives de travail. Cela permet l’introduction d’une perspective large pour reformuler les questions et identifier les domaines de contestation possibles.

– Réactif l’utilisation de ce processus collectif de réflexivité pour mettre en place la direction et influencer les trajectoires subséquentes et les pas de l’innovation, au travers de mécanismes effectifs de gouvernance participative et anticipatoire. Ceci devrait constituer un processus d’apprentissage itératif, inclusif et ouvert, doté de capacités d’adaptation dynamique. »

On ne saurait donc trop insister sur l’importance de créer et de tester de nouveaux modes de gouvernance et d’animation facilitant le débat et l’exploration de nouvelles formes de partenariats pour éco-innover.

Retrouvez l’intégralité du rapport « Eco innover avec les parties prenantes – APESA juillet 2013″

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