Intervenants

Intervenants invités pour cette neuvième édition

Jean-Marie CAVADA

Député européen

Président de l’Intergroupe Média au Parlement européen

 

« Dans les années 1970, l’Union Européenne a fait le pari d’une politique régionale autonome ambitieuse. La coopération interrégionale en est un élément fondamental. Cette évolution n’est pas restée un vœu pieux : dans ce but l’Europe a mis au service des acteurs locaux des outils performants. La France est pionnière en la matière. Ces perspectives sont porteuses d’espoir.

La Région Aquitaine est parmi les plus attractives de notre pays, notamment grâce au dynamisme de ses acteurs politiques et économiques. Par ailleurs, les liens qu’elle peut nouer avec ses voisines, notamment grâce à l’Eurorégion « Aquitaine Euskadi », représentent un potentiel très important en termes de développement économique et de création de synergies régionales.

A l’heure où l’Europe est confrontée au spectre de la crise, et face à la timidité des solidarités, ces synergies sont essentielles. Il faut que tous les acteurs impliqués dans ce type de projet œuvrent à leur concrétisation. Car ils renforcent et rendent plus concrets des liens qui revitalisent ce continent de paix et de prospérité, qui nous a été donné par les Pères fondateurs, que nous devons préserver, et préparer par des investissements d’avenir, à la compétition mondiale. »

 

Carlos AGUIRRE

Consejero de Economía y Hacienda del Gobierno Vasco

« Je dis souvent que la période actuelle est plus qu’une époque de changement car ce que nous sommes en train de vivre est sans aucun doute un changement d’époque. La mondialisation, les avancées technologiques, le vieillissement de la population, les nouvelles économies émergentes, le concept-même d’Europe, dessinent un nouveau scenario qui requiert la mise en place de mesures capables de nous placer dans la meilleure position possible face aux nouveaux défis.

Précisément dans ce contexte, nos présidents Patxi Lopez et Alain Rousset ont fondé en décembre dernier l’Eurorégion Aquitaine Euskadi afin de renforcer les actions en matière d’intérêts communs et notre influence sur la scène de l’Union Européenne.

Comme l’a dit le Lehendakari Patxi Lopez, nous sommes deux territoires voisins qui en de nombreuses occasions ont vécu d’épées et d’affrontements, mais qui aujourd’hui font partie d’une Europe unie et sans frontières qui marchent ensemble main dans la main. Face à des projets nourris de confrontations et d’exclusions, d’identités figées qui tant de fois ont prétendu s’imposer en Euskadi, promouvoir la coopération transfrontalière permet de créer, non seulement un élément de cohésion territoriale, économique et sociale, mais aussi une plateforme pour s’ouvrir vers l’extérieur et se garder de toute tentation homogénéisante et excluante.

La coopération transfrontalière est un laboratoire de la construction européenne. Les Eurorégions démontrent comment, avec de la volonté et un leadership politique, la construction européenne est une réalité, grâce à la recherche de réponses communes à des problèmes globaux.»

 

 

Laurent AUGIER

Directeur de projets

Pôle de compétitivité Agrimip Sud-Ouest Innovation Bordeaux Toulouse

Accompagné par David Gaudout, représentant du projet franco-canadien Neurophenols

« Dans le contexte économique actuel, l’innovation est l’un des moyens pour maintenir et accroitre sa compétitivité. Innover en s’ouvrant à d’autres partenaires, académiques ou industriels, permet d’accélérer le processus d’innovation et de le rendre plus efficace tant au niveau financier que scientifique et technologique. Cette nécessaire ouverture permet de déplacer les frontières et d’aller chercher les compétences là où elles se trouvent. Mais elle est aussi source de craintes face à une divulgation de savoir-faire, un partage de résultats, une collaboration lointaine géographiquement.

Les pôles de compétitivité œuvrent pour faciliter ces collaborations, sur un territoire et une thématique précis. Dans les domaines agricole, agroalimentaire et valorisation des agro-ressources, le pôle Agrimip Sud Ouest Innovation, favorise l’émergence de projets et aide les porteurs à structurer leur démarche, à chercher des partenaires et à faire financer leur projet d’innovation. Positionné sur les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées, Agrimip Sud Ouest Innovation a permis de faire financer plusieurs projets collaboratifs de toute dimension, en particulier interrégionale.

En effet, le Sud-Ouest est particulièrement riche en centres de recherche et en industries dans ce secteur qui est le premier employeur industriel régional (200 000 personnes) et qui compte près de 30 000 chercheurs. Cette richesse, couplée à d’autre secteurs de pointe comme l’aéronautique/spatial, la pharmacie, permet des collaborations interrégionales fortes et durables. L’ouverture à l’Espagne est également une source de projets communs, comme sur l’agriculture de montagne par exemple.

Des fonds spécifiques pour le financement de l’innovation sont dédiés aux pôles de compétitivité (FUI, Investissement d’Avenir) et aux Régions (FEDER, FEADER…). La structuration de projets innovants ambitieux, ancrés localement mais stratégiques sur le plan global, est donc une réelle opportunité de développement économique à moyen-long terme.»

 


 

Alain BOUDOU

Président de l’Université de Bordeaux

Intervenant expert de la ruche « Economie de la connaissance et de la compétence »

 

« Le développement économique d’un territoire ne peut se réaliser sans un partenariat fort avec le monde universitaire, via ses activités de formation, de recherche et de valorisation.

L’exemple de la dynamique récente du site universitaire bordelais, en relation étroite avec l’implantation locale des organismes nationaux de recherche (CNRS, INSERM, INRA, CEA, INRIA, IRSTEA) et les collectivités territoriales, au premier rang desquelles le Conseil régional d’Aquitaine, met clairement en évidence l’importance des liens avec le secteur industriel (grands groupes, PME/PMI) et des stratégies orientées vers les enjeux socio-économiques.

Depuis la création en 2007 du Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) « Université de Bordeaux », les projets initiés par une démarche associant ambition et cohérence ont conduit à des succès remarquables, accroissant la visibilité et conjointement l’attractivité du pôle bordelais à l’échelle nationale et internationale : opération Campus (Bordeaux sélectionné parmi les 6 premiers sites), Grand Emprunt (Bordeaux sélectionné parmi les 3 premières Initiatives d’Excellence/IdEx). Parallèlement, le chantier de construction de la Nouvelle Université de Bordeaux, établissement unique qui sera créé en janvier 2014, s’inscrit dans une volonté de défendre sous une bannière commune, attractive et reconnue, les valeurs de l’enseignement supérieur, d’installer une force nouvelle en matière d’éducation et de bénéficier d’une organisation innovante, résolument centrée sur la pluridisciplinarité et la subsidiarité.

Ainsi, forte de l’excellence de sa recherche, de la large couverture de ses champs disciplinaires (Sciences et Technologies, Biologie/Santé, Sciences humaines et sociales), de son ancrage dans un riche environnement culturel, naturel et économique et de son ouverture internationale, l’IdEx Bordeaux a pour objectifs d’éclairer le futur de nos sociétés, de préparer l’économie de demain (entrepreunariat, innovation, formation tout au long de la vie, créativité, …) ou encore d’accompagner la métropole bordelaise et la région Aquitaine dans la dynamique d’une Euro-région.

L’économie de la connaissance et de la compétence doit s’inscrire dans le renouvellement durable de l’économie, avec une valorisation des innovations issues de la recherche académique et une diffusion des savoirs basée sur la diversité disciplinaire, culturelle et intellectuelle. »

Pierre DELFAUD

Professeur de sciences économiques

Vice-Président du CESER Aquitaine

 

Image et notoriété de l’Aquitaine

« La région Aquitaine manque de lisibilité à la fois en externe : qui dit passer ses vacances « en Aquitaine » (plutôt qu’en Périgord, dans le Bordelais, sur la côte landaise, au Pays-Basque…) comme l’on se rend « en Bretagne » ou « en Auvergne »… ? Et en interne : qui parmi nous se présente comme « aquitain » avant de se revendiquer comme « périgourdin », «  médocain », « bordelais », « landais », « basque », ou « béarnais »… ?

Coincée entre des identités infrarégionales  vivaces ainsi que suprarégionales à forte notoriété : le « Sud-ouest », le « Littoral Atlantique »…l’Aquitaine peine à exister. Créée en 1955 comme Région de Plan, institutionnalisée en 1960 comme Circonscription d’Action régionale pour coordonner l’action des services extérieurs de l’Etat sous l’autorité du Préfet de Région, promue comme collectivité territoriale de plein exercice avec la décentralisation des années 80 pour stimuler le développement régional…c’est par la politique économique qu’elle a commencé à s’affirmer.

Si, ce faisant, ses atouts résidentiels et les services aux particuliers qui les valorisent sont désormais reconnus, engendrant une forte croissance démographique avec un excédent migratoire de 1% par an, ses bases productives sont encore sous-estimées. Au-delà du vignoble de Bordeaux, de la forêt des Landes de Gascogne et des produits (gastronomiques) du terroir, le complexe ASD, les IAA, les industries de transformation du bois, le complexe énergie-chimie, l’optique-laser, les industries de la santé et les services aux entreprises associés (R&D,TICS …) sont méconnus à l’extérieur comme à l’intérieur de la région.

C’est dans ce contexte que la coopération interrégionale apparaît comme doublement nécessaire :

           – pour se faire mieux connaître (et reconnaître) par les régions voisines : CAPB , Navarre, Aragon  mais aussi : Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes et au-delà le Grand Ouest ;

            – pour atteindre, par des relations renforcées, les masses critiques nécessaires qui font encore défaut.

Les  Assemblées régionales : CRA, CESER s’y emploient. Il est  apprécié, aujourd’hui, que les trois chambres consulaires régionales réunies confirment leur intérêt et leur soutien à cette stratégie. »

 

 André DELPONT

Expert chargé du projet Bordeaux Euratlantique au sein de l’Etablissement Public d’Aménagement

Ancien coordinateur au sein de l’Eurométropole Lille Kortrijk Tournai

COOPERATION REGIONALE EUROPEENNE… OU COMPETITION ?
« La coopération interentreprises en Europe est parfois vue du côté de Bruxelles comme centrée sur la production, l’innovation et l’immatériel. Mais, en fait, ce qui motive les entrepreneurs est, d’abord et avant tout, la recherche de clients et le développement commercial. De ce fait, la coopération n’est pas évidente, car le voisin apparait d’abord comme un concurrent, que l’on soupçonne de chaque côté de la frontière de bénéficier d’avantages « déloyaux » quand il vient chasser sur vos terres. Ce qui vaut pour les entreprises, vaut aussi pour les territoires toujours en quête d’implantations économiques.
Développer cette coopération suppose donc de prendre acte de la motivation commerciale et de travailler dans trois directions en parallèle :
–          Créer la confiance entre les acteurs, par un patient travail de mise en relation et d’information sur la façon dont « ça marche » de « l’autre côté »,
–          Etudier les différences de système juridique, fiscal et financier en étant conscient, que, même quand les directives sont européennes, la façon de les appliquer peut varier d’un pays à l’autre ; ainsi on peut démêler l’avantage réel du faux semblant et rechercher comment pallier aux distorsions effectives,
–          S’attaquer à la différence linguistique et culturelle, source d’incompréhension et d’inhibition. Dans cette question se mêlent méconnaissance objective, soupçon d’arrogance, question identitaire. Il n’est pas nécessaire d’atteindre un niveau littéraire pour acheter et vendre produits et services. Le plus multilingue aura en tout cas toujours quelque chose à gagner. Humour et modestie ne gâtent rien.
Les lillois sont passé par toutes ces phases dans leurs relations avec leurs voisins flamands et wallons… qu’ils ont fini par faire travailler ensemble ! Après 15 ans de travail pragmatique fondé sur la méthode des essais et des erreurs, et la prise de conscience d’un intérêt commun face à la concurrence mondiale, s’est créé en 2008 un groupement européen de coopération territorial, l’Eurométropole/Eurometropool Lille Kortrijk Tournai à l’initiative de 14 institutions et couvrant le territoire de 147 communes. En quelques chiffres :
–          2 M d’habitants : 54 % côté français, 30% côté flamand, 16% côté wallon
–          800 000 salariés : 59% côté français, 30% côté flamand, 19% côté wallon
–          100 000 travailleurs indépendants : 51% côté flamand, 30% côté français, 12% côté wallon
Il s’appuie sur une petite agence de développement multilingue qui anime le travail collectif de plusieurs dizaines d’acteurs, en particulier pour le développement économique :
–          Forum annuel de l’emploi transfrontalier depuis 2007 : 100 entreprises proposent 1000 postes de travail à des milliers de visiteurs,
–          Plate formes d’innovation autour de 4 clusters : agro nutrition et santé, textiles innovants, logistique, image et TIC,
–          Marketing territorial,
Qu’il s’agisse des entrepreneurs, des chercheurs ou des responsables d’organismes de développement ou de collectivités, on peut ramener le secret de la réussite dans la coopération régionale en Europe à un principe simple : « Ce que tu feras pour moi, je le ferai pour toi ». On peut aussi rappeler un vieux principe chinois : « Si tu veux vendre quelque chose à quelqu’un commence par t’en faire un ami », ce qui, en Chine, prend parfois un peu de temps… »

Pascal DAGRON

Chef de projets à l’Association des Chambres d’Agriculture de l’Arc Atlantique

 

 » Dans le contexte d’une compétitivité des territoires entre eux et ensemble, l’image du territoire est déterminante. L’image du territoire est déterminée par des caractéristiques qui lui sont propres. Le territoire est construit sur son emplacement géographique, son relief, son climat ; sur son histoire, sa culture, ses moyens d’accès, sa gastronomie : en deux mots sa popularité. Cette popularité se traduit par la notoriété que le territoire affiche en comparaison de celles des autres. Autrement dit, le territoire est un endroit qui s’affiche avec ses atouts, ses potentiels. Le territoire est un endroit concurrentiel que les entreprises peuvent valoriser pour entrer en compétition avec leurs alter egos.

 

Le développement strictement endogène d’un territoire n’est pas suffisant. Il doit s’appuyer sur des compétences qu’il n’a peut-être pas pour conserver de la compétitivité. Durant longtemps, les responsables politiques locaux ont cherché à attirer des entreprises sur leur territoire par des moyens captifs (réduction de taxes, construction de zones d’activités, pôle de compétences régional, tissage de lien entre entreprises et universités/recherche). Cette époque est révolue. Dans un contexte de mondialisation où les entreprises sont attirées par des territoires sur les faibles coûts de production qu’ils peuvent demander à la main d’œuvre locale, toutes les entreprises ne peuvent pas entrer dans ce jeu-là. Par contre, les entreprises non facilement délocalisables peuvent jouer sur leurs valeurs intrinsèques dont le territoire est un atout. Cependant, tous les secteurs d’activités ne sont pas logés à la même enseigne. L’agriculture aurait sur ce registre des possibilités à faire valoir.

Aussi, des entreprises d’un territoire peuvent jouer avec les atouts de leur territoire dont la notoriété est le fer de lance. Par exemple, on dit de certains produits qu’ils sont solides parce que fabriqués ici où là, fiables parce conçus par ceux-ci ou ceux-là, respectueux de leur environnement parce que forgés dans le cadre de politique territoriale fondée sur la préservation de l’espace, socialement équitables parce que produits avec les savoir-faire locaux et les acteurs locaux. Le consumérisme s’empare aussi de considérations propres au développement durable.

Le développement endogène d’un territoire s’appuie sur les dynamiques de réseaux et de partenariats localisés dont les nouvelles technologies participent également de ce registre de l’identitaire et du respectable. La création de technologies nouvelles ou plus simplement de stratégies collectives où de nouvelles techniques peuvent naître sont des moyens de développer le territoire ? Qui peut en être le ferment ? Les pouvoirs politiques locaux, les chercheurs et universitaires ou tout simplement les entreprises ! « 

 

 

Aline DUPOUY

Docteur en sciences de gestion, Estia Recherche, Partenariat ERALAN

 

« L’école d’ingénieurs ESTIA basée à Bidart, collabore depuis un certain nombre d’année avec des partenaires transfrontaliers, notamment de la Communauté Autonome Basque et de la Navarre. Du fait de sa position géographique favorable et des synergies et complémentarités d’une part avec les écoles d’ingénieurs mais aussi certaines équipes de recherche sur les deux territoires, l’ESTIA a entrepris de nombreuses actions concrètes de collaboration. Ces actions, pour la plupart contractualisées, concernent aussi bien la formation (double diplôme avec l’école d’ingénieurs de Bilbao, modules d’enseignement dispensés par des professeurs de l’école partenaire, séjours d’étudiants, construction et réalisation d’un Master…) que la recherche dans le cadre de projets communs présentés dans différents fonds de coopération (Aquitaine Euskadi, Fonds européens Poctefa…).

Dans ce cadre, dans la continuité du projet Eralan 1, le projet européen Eralan 2 déposés par ESTIA et Mondragon Unibersitatea-Empresagintza dans le fond européen POCTEFA, a pour objet de consolider la collaboration au niveau Recherche, formation et transfert des deux équipes de recherche, sur les thématiques de l’innovation, l’entrepreneuriat et du développement de compétences. Les partenaires d’Eralan 2 (2009-2012) ont donc œuvré à construire une plateforme transfrontalière, pôle de compétences transfrontalier sur la recherche-développement-innovation, en travaillant de façon étroite entre chercheurs (séminaires, conférences, publications communes, élaboration de formations…) et avec les PME et TPE des tissus économiques respectifs, afin de les accompagner et outiller dans leurs perspectives de développement et d’innovation.

Nous reviendrons donc plus précisément sur le travail réalisé par ce partenariat et les résultats obtenus au cours de cette Journée de l’Economie Aquitaine. »

 

 

 Pedro ESNAOLA

Président de la Cámara de Gipuzkoa – Saint-Sébastien – Euskadi

 

 Gipuzkoa mise sur l’internationalisation et le transfrontalier vec Bihartean

 « La Chambre de Commerce de Gipuzkoa est, avec la CCI Bayonne Pays Basque, un des membres fondateurs  de  BIHARTEAN  :  cette  Chambre  de  Commerce  transfrontalière,  est,  dans  la situation actuelle, un axe fort pour nos entreprises pour créer des convergences, des offres complémentaires et des projets d’envergure.

 La collaboration transfrontalière et euro-régionale est stratégique pour nos territoires. Contrairement à ce que pourrait laisser penser l’actualité, Euskadi n’est pas un maillon faible de l’Eurorégion. En effet, l’économie de Gipuzkoa et d’Euskadi se porte beaucoup mieux que celle du reste de l’Espagne. Un indicateur est parlant à cet égard : alors que l’Espagne a atteint un taux de chômage de 24,6% à la fin du 1er semestre 2012, il s’établit, pour la même période, à 11,1% en Gipuzkoa.

 Evidemment, il existe des raisons économiques, entrepreneuriales et d’organisation politique qui expliquent cette situation. D’autant que pour sortir de cette crise, Euskadi a choisi l’offensive économique notamment via une stratégie d’internationalisation de ses entreprises et de leurs savoir-faire. A titre d’exemple, de janvier à mai 2012, les exportations des entreprises de Gipuzkoa ont augmenté de 10,2% par rapport à la même période en 2011.

 Dans le contexte mondial, nos deux régions ont tout à gagner à établir une collaboration Aquitaine-Euskadi forte pour atteindre conjointement une masse critique en Europe et sur de nombreux marchés internationaux. »

 

André GARRETA

Président de la CCI Bayonne Pays Basque

 

BIHARTEAN, projet-pilote transfrontalier en Aquitaine

« Aujourd’hui, BIHARTEAN a fait la preuve de l’utilité et de la pertinence d’une collaboration économique transfrontalière au profit de nos tissus d’entreprises.

Se basant sur les relations établies de longue date avec nos voisins de la Càmara de Gipuzkoa à St- Sébastien, nous avons créé, en juillet 2010, la première Chambre de Commerce transfrontalière en Europe.

Après deux ans de fonctionnement,  son bilan témoigne du besoin et des opportunités de cet axe de développement. De juillet 2010 à juillet 2012 :

525 entreprises des deux territoires ont pu bénéficier de l’appui de BIHARTEAN, 60%   dans   le   cadre   d’actions   collectives   (rencontres   B2B   transfrontalières,   ateliers thématiques, benchmarking transfrontalier, etc) ; 40% en conseils individuels.

BIHARTEAN développe une réelle collaboration bilatérale. Et même si les besoins des entreprises sont différents sur l’un et l’autre territoire, ils existent à parité : 51% des actions réalisées ont concerné des entreprises de Gipuzkoa ; 49% des sociétés du Pays Basque français.

BIHARTEAN est aujourd’hui une action pilote dans le cadre de l’Eurorégion Aquitaine-Euskadi et son credo est d’appuyer le développement économique transfrontalier et euro-régional sur les points forts des deux territoires et à terme, de créer une offre conjointe compétitive face à la concurrence européenne voire mondiale.

Son expérience et ses résultats prouvent aussi que des convergences et des complémentarités existent afin de pouvoir créer un espace compétitif, peuplé de 5 millions d’habitants et comprenant plus de 600 000 entreprises, dont de nombreuses, au nord comme au sud, bénéficient d’une position leader dans leur domaine.

L’Eurorégion Aquitaine-Euskadi s’appuyant sur l’expertise de Bihartean, peut ainsi additionner la dynamique des clusters, l’innovation, les leaderships et les tissus de PME-PMI des deux territoires. »

 

Laurent MARTIN

Directeur général adjoint du Crédit d’Agricole d’Aquitaine

 

 

« Le modèle économique traditionnel des banques françaises repose principalement sur une forte intermédiation bancaire : la banque collecte des ressources auprès de ceux qui ont des excédents et effectue des prêts au profit de ceux qui ont des besoins de financement. Pour que ce modèle fonctionne, il est nécessaire d’avoir un accès garanti et abondant aux ressources à court terme. Lorsque qu’une crise de confiance survient comme cela est le cas actuellement, cet accès est remis en cause. En parallèle, les nouveaux ratios de solvabilité imposés par la réglementation Bâle III entraînent des exigences de fonds propres disproportionnés en contrepartie des actifs originés pour le compte de nos clients. Tout l’enjeu pour les banques et pour le Groupe Crédit Agricole en particulier est donc de définir un nouveau modèle permettant de continuer à prêter aux entreprises et aux collectivités locales dans ce contexte structurellement et conjoncturellement modifié.

 

Nous vous proposons, dans le cadre de l’atelier, de réfléchir à différentes solutions que nous serons amenés à proposer aux grandes collectivités locales et aux entreprises pour leur permettre de financer leurs projets. »

 

 

Jean PEYRONY

Directeur Général de la Mission Opérationnelle Transfrontalière

 

« Dans le contexte transfrontalier, les différentiels de fiscalité, de salaires, de taux de chômage, de prix, la diversité linguistique, administrative, culturelle,… sont autant de contraintes ou d’opportunités selon l’angle considéré. Ménages et entreprises tirent profit de ces différentiels dans leur choix d’implantation et de recours au marché du travail. La maîtrise par la main d’œuvre ou par les entreprises de deux langues, de deux cultures, de deux environnements administratifs,… constitue un atout pour ouvrir leur horizon, non seulement au territoire transfrontalier, mais de façon plus large à l’ensemble des pays concernés, voire au niveau européen ou global.

Les entreprises, comme les territoires sont en concurrence, au sein même des espaces nationaux, et d’autant plus en contexte transfrontalier. Les autorités publiques, dans leurs démarches de développement économique, reste souvent dans le cadre des Etats. Mais en participant à l’Union européenne, ceux-ci ont choisi de coopérer. Dans les territoires transfrontaliers, l’enjeu est d’exploiter au mieux le capital territorial commun.

Les acteurs publics et privés se trouvent dans un jeu complexe entre concurrence et coopération de part et d’autre de la frontière.  Il s’agit de passer de la pure concurrence à la « co-opétition », qui combine coopération et concurrence. Deux logiques peuvent amener à coopérer, la logique de complémentarité et la logique d’économie d’échelle.

La logique de complémentarité

Si deux ou trois Etats avec différents systèmes se rencontrent sur une frontière il y a la possibilité pour les entreprises de « prendre ce qui est le mieux » dans chaque système. Ce qui semble à première vue être une difficulté constitue aussi opportunité : les entreprises peuvent tirer profit des différences en choisissant le système adapté à leur besoin (une entreprise localise ses fonctions tertiaires d’un côté de la frontière et ses fonctions logistiques de l’autre côté), ou encore en exploitant le potentiel multiculturel ou multilingue du territoire.

La logique d’économie d’échelle

La coopération transfrontalière « agrandit » le territoire, pouvant lui permettre d’atteindre la masse critique, en termes d’équipements et de services publics. Il en est de même pour les PME. L’une des retombées les plus importantes concerne la division des coûts d’investissement entre les partenaires en ce qui concerne les infrastructures, les laboratoires, etc. souvent très coûteux dans les secteurs innovants. On peut alors créer une montée en puissance commune pour conquérir les marchés locaux, européens et globaux. Un marketing commun des entreprises, une présence commune aux foires internationales permet  d’être plus visible et de partager les coûts.

En dépassant le contexte local, on peut parvenir en transfrontalier  à une situation « gagnant-gagnant » pour les territoires, leurs entreprises et leurs habitants. »

Trang PHAM

Responsable de la Coordination Cluster Services et Systèmes de Drones AETOS

Accompagnée d’Hubert Forgeot, dirigeant d’Aerodrones, représentant du partenariat Aerodrones-Aerovision

« Dans le secteur de l’aéronautique, le marché en construction des drones est extrêmement prometteur.

La concurrence internationale est vive, l’Europe tente de se structurer pour se maintenir dans la course en particulier face aux Etats-Unis, leaders mondiaux du domaine.

Les technologies et la réglementation, tout comme les usages en particulier civils, sont à définir et à construire.

Dans ce contexte, la coopération entre clusters, en particulier au niveau européen, qu’elle soit de type technologique ou marché (modèle de clusters clients-fournisseurs) est primordiale pour espérer exister et jouer un rôle majeur.

Cette coopération doit se concrétiser par des projets collaboratifs concrets et dépasser les partenariats de principe afin d’apporter des solutions innovantes aux besoins du marché, ce qui implique une bonne connaissance des acteurs industriels et académiques entre eux. »

Anne RAIMAT

Directrice des Relations Internationales et de la Coopération Décentralisée, Communauté Urbaine de Bordeaux

Accompagnée par Mikel OREGI, Directeur en charge de la stratégie et de la planification, SPRILUR

 

« Soutenus par le fonds de coopération « Aquitaine – Euskadi », la Communauté Urbaine de Bordeaux et la SPRILUR, société publique du gouvernement basque, ont décidé d’engager en 2011 une série d’échanges sur le développement économique et industriel tant d’un point de vue institutionnel, que financier, urbanistique ou architectural. Sont de ce fait abordées les stratégies d’implantation et de développement d’activités sur des territoires urbanisés (ou en grande proximité avec des habitations) ainsi que les politiques d’animation filières.

 

La méthode retenue repose sur des visites de site, un travail commun sur des « cas d’école » et un séminaire final de restitution, l’objectif étant d’observer, et pourquoi pas de transposer, les solutions les plus pertinentes de part et d’autre de la frontière.

 

Le projet, qui en est à ses débuts, reste une expérience originale et très concrète, visant à la prise de conscience, à la connaissance mutuelle et à la critique constructive. Les enseignements qui en seront tirés devront être valorisés et communiqués.

 

Il sera peut être le préalable à d’autres projets plus ambitieux… »

 

 

 Xavier ROLAND-BILLECART

Directeur de la Caisse des Dépôts et Consignations Aquitaine

 

 

« Quoi de plus difficile mais de plus nécessaire et utile que la coopération ou la collaboration !

A plus forte raison lorsqu’il s’agit d’Etat, d’Institutions ou d’Entreprises.

Alors que l’apport de l’autre peut constituer un atout et une aide, c’est plutôt le réflexe de ne voir que le risque et le poids des habitudes qui nous guident.

C’est pourquoi il nous est indispensable, pour aller au-delà de cette tendance, de prendre du temps de la réflexion partagée afin d’agir très concrètement et sans angélisme si nous voulons vraiment coopérer de manière équilibrer avec nos voisins. En Aquitaine, la tradition d’ouverture est grande.

Elle doit être mise au service de projets favorisant notre compétitivité en détectant les opportunités qui existant souvent à notre insu.

Que ces quelques heures de travail en ateliers et de partage soient utiles pour relancer ou conforter dans les entreprises une volonté de coopération avec nos régions limitrophes.»

Nicolas Salmon, Responsable du Pôle Technologies de la construction, NOBATEK

Accompagné de Stéphane DEMGUILHEM, Directeur de la société Vertige

« Le secteur de la construction reste ancré sur des modes de fonctionnement particulièrement nationalisés ; organisation du processus de construction, règlementation ou encore certification des entreprises, des métiers et des produits sont autant de pratiques encore régies par des règles nationales pour la plupart. Ceci donne une importance forte aux frontières en termes de marché pour les acteurs du secteur.

Pourtant plus en amont, la recherche et l’innovation sont clairement organisés à l’échelle européenne, voire internationale. Les innovations tendent à être rapidement partagées au niveau européen pour ensuite trouver leur développement applicatif pays par pays en étant repris par des acteurs locaux. Le centre de ressources technologiques Nobatek se nourrit de cette dynamique, en particulier à travers notre collaboration établie avec Tecnalia. En travaillant à l’échelle transfrontalière et européenne sur la recherche d’innovations et de nouvelles technologies, avec des structures puissantes de recherche appliquée telles que Tecnalia, nous sommes à même d’apporter de la valeur ajoutée aux entreprises et industriels qui sont nos partenaires sur le territoire français et en particulier aquitain. De la même façon cette collaboration transfrontalière nous permet de travailler plus aisément aujourd’hui sur des schémas de développement international de technologies prometteuses nées localement. »

 

Emeric d’ARCIMOLES

Directeur des Relations institutionnelles pour le Sud Ouest du groupe SAFRAN

 

 

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