Réussir l’Economie Verte en Aquitaine : de quoi est-il question ?

L’Economie Verte : une définition

La définition de l’économie verte n’ayant pas encore fait consensus, les organisateurs de cette journée font le choix d’une première orientation : « L’économie verte correspond à une situation d’activité mesurée et soutenable, qui ne s’oppose pas à l’accroissement de la production mais se base sur la satisfaction des besoins humains suivant l’exploitation raisonnée des ressources naturelles en présence. Les nouveaux secteurs de l’économie comme les secteurs actuels sont concernés : industries, transports et télécommunication, aménagement et urbanisme, tourisme, biotechnologies… »

Le passage à l’économie verte implique la coordination de tous les acteurs économiques en termes de moyens mis en œuvre et d’objectifs visés.
Cette mutation ne pourra réussir que par le respect de quatre fondamentaux :

  • Le maintien de l’objectif de développement dans les stratégies économiques
  • La valorisation des ressources locales
  • Le respect des cycles naturels
  • L’engagement social et sociétal

 Pour les entrepreneurs, réussir le passage à l’économie verte ne doit pas correspondre à un abandon des objectifs de rentabilité et de croissance. Cet objectif doit, au contraire, être intégré dans les stratégies de développement de l’entreprise. Cette adaptation nécessite la prise de conscience des impacts des activités sur le court comme sur le long terme (adaptation des techniques managériales, relation client, techniques de production, outils de communication…).

Eco-activités, une définition :

Les éco-entreprises produisent « des biens et services destinés à mesurer, prévenir, limiter, réduire ou corriger les atteintes à l’environnement, tels que la pollution de l’eau, de l’air, du sol, ainsi que les problèmes liés aux déchets, aux bruits et aux écosystèmes ».  réf. OCDE/Eutostat.

 

Les 18 filières[1] de l’Economie Verte identifiées au niveau national

  •  Biomasse énergie : chaleur domestique, chaleur collective et industrielle, électricité
  • Biocarburants : 1ère génération, 2ème génération, 3ème génération.
  •  Energies maritimes : hydrolienne, marémotrice, houlomotrice, gradient de salinité, thermique.
  • Eolien : éolien terrestre, éolien maritime, éolien domestique (micro-éolien).
  • Photovoltaïque : grosse couche, couche mince, 3ème génération.
  • Géothermie : profonde, superficielle.
  • Captage, stockage et valorisation du CO2 : captage, transport, stockage, valorisation industrielle.
  • Bâtiments à faible impact environnemental : rénovation thermique, appareils de chauffage, gestion active de la performance énergétique.
  • Véhicule « décarboné » : véhicule thermique avancé, véhicules hybrides rechargeables (VHR), véhicule électrique
  • Logistique et gestion de flux : amont, aval, interne, retour.
  • Réseau énergétique intelligent (smart grid) : smart home, smart marketing, infrastructures de réseau intelligentes.
  • Stockage de l’énergie : application stationnaire, portable, embarquée.
  • Recyclage des déchets : déchets des entreprises, déchets ménagers et assimilés (DMA), déchets du BTP.
  • Chimie verte : chimie fine et de spécialité, chimie de base et intermédiaires chimiques.
  • Biomasse matériaux : biomatériaux à maturité technologique, biomatériaux émergents de niche.
  • Eau et assainissement : eau potable, eaux usées.
  • Métrologie / instrumentalisation : « terrestre », satellitaire.
  • Optimisation procédés : à visée curative, préventive.

 Les débuts prometteurs de l’Economie Verte en Aquitaine

La liste des acteurs de l’économie verte est longue et diversifiée en Aquitaine. L’Ecoparc de Blanquefort, par exemple, accueille six entreprises spécialisées dans l’éco-construction et le développement durable, elles-mêmes accompagnées dans leurs démarches par le CDPEA (association de construction durable et de performance en Aquitaine).

Parmi les initiatives « vertes », citons sans ordre de priorité, les premiers acteurs identifiés et invités à la journée :

Grandes entreprises et PME intervenantes :
AKVO, ASTRIUM, Brossette, COFELY, Crédit Agricole, EDF, EGERIS construction, FIRST SOLAR, GDF    SUEZ, IBM, LOREKI, Lyonnaise des Eaux, RESCOLL, SEOSSE Eco Transformation, SNECMA, SPIE, SUNLANDES, Sur le dos des filles, Transports Mendy, Veolia Environnement,  …

Autres entreprises invitées à participer à la journée :
Cobatri, Europlasma, Exosun, Fermentalg, Fonroche Energies, Giraudet, Kimo, Kipopluie, Neosens, Nobatek, Panosol, Smurfit-Kappa, Sunnco, Valorem, Vertige, Watteco, …

Pôles de compétitivité, pépinières et autres regroupements d’acteurs identifiés :
APESA, Arbio Aquitaine, Avenia (pôle de compétitivité dans le domaine des éco technologies), Bordeaux Productic, Coopérative Agricole et Forestière Sud-Atlantique (CAFSA), Fédération Régionale des Coopératives Agricoles Aquitaine (FRCAA), Groupe Coopératif Maïsadour, Adour Garonne, Agrimip innovation, CREAHd, OCEOL avec Abengoa Bioenergy France, PREBIOM…

En outre, l’Aquitaine a été le premier bassin d’emplois verts de France avec 1303 créations nettes d’emplois verts en 2009[3]. 40% des emplois verts concernent actuellement le solaire. Pour éviter les risques de spécialisation et de segmentation des formations, tous les emplois doivent s’adapter à ces changements de modèle économique et ce dans l’ensemble des secteurs.

Concertation, coordination, cohérence, les 3C de la réussite de l’Economie Verte ?

 Concertation

 Pour être efficaces et pérennes les mutations doivent être réfléchies et concertées. Ainsi, les objectifs doivent être réalisables, définis à partir des atouts et potentialités de la région, des compétences des acteurs et des possibilités d’évolution des secteurs.

 La concertation est permise par le dialogue, l’échange, la réflexion commune et la participation du plus grand nombre à celle-ci. Primordiale en amont, elle doit être menée tout au long du processus et aboutir à des propositions qui devront ensuite être réellement mises en œuvre… pour réussir !

 Coordination

Toutes les compétences, tous les secteurs sont concernés par l’économie verte. Les moyens et à les objectifs doivent être coordonnés et répondre aux exigences des stratégies de marché et des stratégies de développement des entreprises.
En Aquitaine, la définition du rôle de l’acteur public peut être affinée : contrôle, réglementation, taxation…  Il demeure également une force d’investissements par le lancement d’appels d’offres à destination des entreprises, la création de projets à destination d’autres acteurs publics, la mise en place d’aides éco-conditionnées, l’investissement dans les infrastructures nécessaires aux mutations…

 Cohérence

 La recherche de cohérence entre les stratégies est à la fois une démarche et une condition nécessaire face aux risques de la concurrence entre les secteurs de l’économie (le photovoltaïque et l’agricole, les énergies nouvelles dans l’industrie lourde, le foncier rural convoité…).
L’économie verte ne se limite pas à la seule Aquitaine. Une action pertinente s’alimente d’expériences intra et extra régionales. L’échelon européen donne quelques exemples en la matière (Allemagne, Espagne, réglementation communautaire).

Pourquoi s’engager dans une démarche économique verte ?

Nombreuses sont les raisons qui incitent les entreprises à s’engager dans une démarche économique verte, parmi celles-ci :

  • saisir des opportunités de développement (nouvelles activités, nouveaux produits),
  • répondre aux attentes des clients et des salariés,
  • affirmer son engagement durable,
  • améliorer sa performance énergétique,
  • valoriser les ressources locales,
  • bénéficier des avantages du territoire aquitain,
  • devancer les mutations climatiques,

[1] Source Etude « Filières vertes » du Ministère de l’Ecologie et du Développement durable et de la Mer en charge des Technologies vertes et des Négociations sur le climat, mars 2010 : www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/ETUDE_FILIERE_mars_2010.pdf

[2]Ayant pour objectif de préparer la transition énergétique, AVENIA est un exemple de concertation et de coordination d’acteurs. Le pôle met à profit le potentiel scientifique, technique et industriel de l’Aquitaine en matière de technologies liées au sous-sol afin de contourner les verrous technologiques. Il a permis la reconversion du bassin industriel par un passage des énergies fossiles aux énergies nouvelles. Les PME-PMI ont été particulièrement valorisées par la conquête de nouveaux marchés.

[3] Devant la région Rhône Alpes (950) et l’Ile de France (521). Sources Trendeo. 


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